vendredi 26 octobre 2007

P comme (infâme) péridurale

J'ai accouché de mon fils le 11 février 2007 à 2H46 du mat. Accouchement standard de jeune européenne j'imagine, pas trop long, pas specialement court, avec pause de la péridurale après quelques heures de contractions.
Je n'ai rien eu de special à raconter à mes amies encore sans enfants, car je n'ai pas souffert et tout s'est passé tranquillement. Pas de boucheries avec des kilomètres d'épisiotomie, pas de problèmes avec le personnel soignants. RIen, Nib, Nada. Un magnifique moment, vécu à deux avec le papa. Un bébé arrivant dans une atmosphère agréable et zen avec une maman pas torturée par la douleur.

Lorsque j'ai raconté ça à une collègue de travail de mon conjoint, elle répondit fièrement:

"AH oui... Non moi j'ai accouché normalement'"

Sous entendant le fait qu'elle avait refusé la péridurale.
Il était évident que cet acte héroique de souffrance volotaire faisait d'elle une VRAIE MAMAN, voulant vivre cet instant de la façon la plus naturelle qui soit, alors que MOI, j'avais fait le choix de l'égoiste finie qui ne pense qu'à son bien être et met au monde un enfant dans un institut froid et deshumannisé, où l'on préfère droguer les mamans et les bébés à coup de piquouses d'on ne sait trop quoi, ou le pauvre petiot est pris, lavé dans de l'eau froide, mit de coté dans un placard, entubé, osculté et torturé à des fins inutiles...
Je n'ai pas jugé son choix, et j'aurais aimé qu'elle fasse de même avec moi. Mais les femmes de ce genre, que l'on peut appeler les "militantes", ne se gènent pas, elles, pour le faire.
J'aurais bien aimé lui retorquer que je trouvais sa décision réac, digne d'une témoin de jéhovah, qui sous pretexte de vouloir redonner un aspect "naturel" à cet acte, ne faisait que narguer les millions de femmes dans le monde qui n'ont pas d'autres choix que d'accoucher dans la souffrance, que sa position d'occidentale du 21ème siècle faisait d'elle une femme trop gatée par la vie, par la civilisation dans laquelle elle évolue, qui offre cette possibilité de choisir entre souffrir ou ne pas souffrir, quand tant d'autres n'ont jamais eu ce choix (parlez de cela avec vos mères ou grand mères par exemple... Qu'auraient elle donné pour la péridurale!!)
J'aurais aimé dire tout cela, mais je suis polie et bien élevée, et je ne voulais pas me facher avec une collègue de boulot de mon conjoint, alors je l'ai fermé, j'ai souri et ascquiecé d'un air comprehensif.

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